SDIS 85: agression sexuelle audience du TGI du 6 février 2020

compte rendu d’audience TGI des Sables d’Olonne du 6 fevrier 2020

A la demande du président du tribunal de grande instance des Sables d’Olonne, une jeune femme s’avance et témoigne avec émotion des violences sexuelles qu’elle a subies de la part de l’adulte qui lui a demandé de l’accompagner chez lui.

Les faits se sont déroulés entre 2011, elle avait alors 13 ans, et 2014.

Elle était jeune sapeur-pompier, il était un de ses encadrants au centre de secours de La Tranche sur Mer.

Pendant une heure trente, les témoignages et interrogatoires se suivent.

Après un délibéré, le jury prononce :

le verdict : 5 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis.

Nous accompagnons la victime et sa famille depuis 4 ans, la route fut laborieuse pour qu’elle ait le droit au statut de victime, et les nombreux silences ou l’absence de réaction ont pesé sur la victime, sur sa famille, cela a ralenti la justice.

Au-delà de cette affaire, nous ne pouvons pas collectivement, ne pas nous interroger sur la place faite dans notre monde masculin des services d’incendie et de secours aux femmes et à la parole des victimes.

Les mesures dans nos établissements sont-elles toutes prises pour protéger nos agents et agentes ?

Le sexisme n’est-il pas encore trop toléré ?

Chaque agent prend-il ses responsabilités pour mettre fin à des situations dégradantes trop longtemps acceptées dans nos mœurs ?

La hiérarchie est-elle toujours prête à assumer les mesures de protection immédiate des victimes ?

Personne ne peut croire que le changement peut se faire sans lui.

Vous n’accepteriez pas que votre sœur/femme/fille/fils/frère/mari subisse ce à quoi vous assistez, c’est certainement parce que ça ne devrait pas exister.

Dans le cas de harcèlement moral, même avéré, on déplace trop souvent les victimes alors que les auteurs continuent de se pavaner.

Comment pourrait-il en être autrement quand on y colle l’adjectif sexuel,  alors que le sentiment de honte et la gêne ne sont jamais loin.

En matière de lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes, dans la société française, il reste « une bonne marge de progression ». Dans le monde des sapeurs-pompiers et les services d’incendie et de secours au moins autant.

 

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